Curisioté #54 : René Descartes et le câble d’arrivée d’eau de la machine à laver

Quelle furie intellectuelle ne ressent-on pas à la première lecture minutieuse du Discours de la méthode ? Toute l’ambition du jeune René y transparaît à chaque ligne : ni plus ni moins que la refondation des conditions du savoir. Toutes les certitudes que nous avions avant lui ? Du pipi de chat. Après lui ? Nous ne serions pus trompé par rien, finies les théories foireuses assises sur des trompe-l’œil, l’homme arraché de sa caverne (enfin) et lancé fièrement dans l’histoire.

Jusqu’à ce samedi 19 avril 2014, où pris de compulsions ménagères, le plan saugrenu me vient de faire échouer l’acquis cartésien, et mes études de pseudo lettrés avec, devant le câble d’arrivée d’eau de ma machine à laver.

Vous saurez, ignares, que cela s’appelle “un flexible”. Vous noterez que vouloir le revisser à la seule force du poignet au robinet d’arrivée d’eau - “prise mâle” pour les amateurs de technique - est peine perdue. Vous apprendrez le sens de l’abnégation et de la patience après deux aller-retour à la quincaillerie du coin, le câble à la main, la larme à l’œil, en quête d’une explication à ce filet d’eau qui s’obstine à couler après que vous ayez remis en marche votre bolide. Vous acquiescerez au téléphone, au son de la voix de votre ami-sauveur-ingénieur qui vous demandera si vous avez pensé à serrer, je cite, “la bague du flexible” avec une pince.

Exercice que vous appliquerez à la lettre, après avoir dérangé votre voisin septuagénaire pour la 6e fois de la journée, pour lui rendre ses tournevis et lui emprunter sa pince.

Aux premiers tours de tambour de la machine à nouveau branchée et resserrée, sans qu’une goutte ne se faufile dans les méandres damnés de la prise mâle, vous serrez envahi d’une fierté immense. Convaincu d’avoir fait avancer votre connaissance personnelle, lancée à toute berzingue dans l’accomplissement ménager universel.

SOU - PLINE.

Curiosité #53 : fécondité littéraire soudaine

Un matin, pris d’une fécondité littéraire soudaine, une idée m’est venue.

Cette nouvelle, cet essai ou cet article aurait pour titre - tout est encore discutable - “De la vie à la mort, de l’aurore à la nuit”.

Son principe est né d’un constat simple. Chaque jour alors que nous collons à un destin unique, fleurissent les idéaux que nous n’imaginerions pas, explosent les tragédies dont nous ne soupçonnerions pas la douleur.

Et si le héros d’un trait littéraire grandiose, ou le plumitif d’un vagabondage journalistique, les rencontraient tous ces impensés farfelus et fabuleux.

Et s’il les rencontraient tous, mais qui plus est au cours d’une seule et même journée ?

Curiosité #52 : le gamin, la baudruche, la sale affaire

Place des Grandes Rigoles. 17h, l’heure du goûter. Un petit bout de chou tient sa bécane entre les cuisses, un joli ballon blanc attaché au guidon.

Inattention, perte d’équilibre, assoupissement soudain dû au jeune âge…L’histoire ne dit pas la cause du drame. À 17h02, complètement à l’arrêt et sans aucune gène extérieure, le gamin s’affale sur son côté droit. La gravité fait son œuvre.

Voilà bambin qui fait coucou au trottoir avec sa joue, à moitié enseveli sous deux roues et un pédalier.

Instinct de survie : il se relève avant que ses parents n’aient le temps de dire ouf.

L’air hagard quelques millièmes de seconde de celui qui vient de vivre un grand choc et vérifie que ses principales fonctions motrices sont en ordre.

Pourtant, la gigantesque explosion consécutive à la chute ne laisse que peu d’espoir quant à la destinée tragique du ballon.

Le rouquin en prend très vite conscience à son tour, et envisage le cœur gros les restes de la baudruche qui pendouillent à son guidon.

La larme à l’œil, les lèvres tremblantes, le teint grave, bonhomme se tourne vers ses parents, désormais à ses côtés.

L’histoire ne dit pas ce qui advint ensuite. Certains témoins parlent d’un cri qui se fit entendre jusqu’à la tombée de la nuit.

Sale affaire.

Curiosité #51 : Noël aux aurores dans les transports franciliens

25 décembre 2013, 5h30. Dans le nord-est de Paris, les rues sont désertes. Tous les rideaux des magasins baissés et les foyers encore endormis. Aux abords de la bouche de métro, deux flics en civil grimpent dans une Peugeot et claquent énergiquement les portes avant. Crissement de pneus, feu rouge, les voilà barrés.

Devant l’entrée de la ligne 11 à Jourdain, qui vient à peine d’ouvrir, la pâtisserie est déjà affairée en prévision d’une des journées les plus importantes de l’année. À l’extérieur, deux gaillards. L’un finit de monter une tonnelle, l’autre décharge un 33 tonnes frigorifique. Dans la boutique, deux vendeuses achalandent les bûches.

Les galeries souterraines ont leur aspect du quotidien. Les puissantes lumières blanches diffusent du sol au plafond, les escalators ronronnent, les agents d’accueil RATP sont postés devant les portillons d’accès aux voies. Tout comme d’habitude à un détail près : il n’y a pas un chat. Le décor est planté, manquent les acteurs.

Sur le quai, un train s’engouffre sans attendre. Le suivant est dans trois minutes. Au moment de freiner, le machiniste emmitouflé dans un large hoodie noir bâille à se décrocher la mâchoire. Trois arrêts plus loin, sur la plateforme opposée, un grand black suçote un glace.

À Châtelet, tous les tapis roulants sont à l’arrêt au grand damne de deux employés, figés à l’une de leurs extrémités. « Mais arrêtez, c’est en panne ! » leur ordonne une troisième voix dans le talkie-walkie, alors qu’ils tripatouillent pour la énième fois le bouton de démarrage.

6h, La Défense. Le prochain train est une demi-heure plus tard. Une trentaine de personnes attend : certains rejoignent leur famille pour fêter Noël et d’autres vont au travail ou en reviennent. Quelques-uns cuvent, somnolent encore, ou ont l’air perdu.

À 6h20, le train en provenance de la Verrière arrive à son terminus. En principe, il fait la navette. Sur les écrans d’information, cependant : « ce train ne prend aucuns voyageurs ». Au bout de la rame, un voyageur interloqué toque au carreau du conducteur et s’enquiert de l’itinéraire matinal. Acquiescement du salarié SNCF. Le quidam fait signe à tout le monde de monter à bord. Deux minutes plus tard, les écrans se mettent à jour et le salarié en question traînasse sa valoche d’un bout à l’autre du train.

Arrivée à Versailles Chantiers, à 7h. La gare est déserte, sauf un passant ébouriffé au manteau rapiécé. « Vous auriez pas une cigarette, jeune homme ? ». Je décline par deux fois.

Sur le parvis, une voiture déboule sans ménagement. La femme au volant éjecte le passager masculin. Et jaillit de la voiture 30 secondes plus tard : « bon sang, tu ne sais même pas ouvrir un coffre ! », s’agace-t-elle à mots feutrés contre son compagnon de la nuit, auquel elle remet son bagage, avant de claquer la plage arrière et de repartir en trombes.

Près des Algeco SNCF installés devant la gare en amont de sa prochaine restauration, le traînard aux cheveux blancs de tout à l’heure crache un grand nuage de fumée sous un spot de lumière. Il revient vers moi, content et penaud : « j’en ai trouvé une finalement ».

Curiosité #50 : un grand bol d’Éire (avec les copains)

Curiosité #49 : un grand bol d’Éire

Curiosité #48 : les chutes du Niagara et leur décor / Niagara falls and what goes along

Curiosité #47 : Burkina Faso (Ouagadougou, Banfora et sur la route entre Banfora et Bobo-Dioulasso)

Curiosité #46 : Burkina Faso (Ouagadougou et Banfora)

Curiosité #45 : Matin d’Aïd en Casamance

Aīd al-Kabīr, « la grande fête » musulmane qui clôture le jeûne du ramadan. Au Sénégal, on parle de la Korité. Cette année, en Casamance, zone du sud du pays connu pour ses poches indépendantistes, la fête a eu lieu le vendredi 9 août 2013.

Le mois du ramadan, traditionnellement le neuvième mois de l’année (dans le calendrier musulman), s’étale du premier croissant de lune visible après la nouvelle lune au mois de juillet jusqu’au suivant – soit en théorie du 9 juillet au 7 août, le mois lunaire étant plus court que le mois solaire.

Problème, au Sénégal, d’une région à l’autre, personne n’est d’accord sur quand le jeûne doit cesser, fonction de qui a vu quoi. A tel point qu’une instance nationale a été mise sur pied pour accorder tout le monde : Commission nationale de concertation sur le croissant lunaire. Ce qui n’empêche pas certains de continuer à jeûner plusieurs jours après l’arrêt officiel, tant qu’ils ne voient pas réapparaître la lune.

A Kolda, en Haute-Casamance, un ami s’est arrangé avec une connaissance dans la police pour que je puisse assister à la prière et y prendre des photos.

Vendredi 9 août, Je fais le pied de grue dès 8h du matin devant la grande mosquée. La prière ne commencera que sur les coups de 9h45. Pour le moment, il y a une coupure d’électricité.

A quelques mètres, un petit stand comme il y en a partout dans toutes les villes sénégalaises : un ado vous y proposera un sandwich, avec au choix de la mayonnaise d’un blanc jaunâtre suspect, des œufs durs et du café Touba – café poivré du nom du lieu de pèlerinage d’une des principales confréries musulmanes du Sénégal, les Mourides.

« J’aime beaucoup les blancs », me dit-il avec une banane renversante. L’ambiance est à la décontraction, les tenues bigarrées des hommes et des femmes qui se hâtent pour les derniers préparatifs du déjeuner tant attendu vont et viennent sur le marché. Les journaux télévisés des jours précédents faisaient l’article du cours de l’oignon et de la pomme de terre, denrées très prisées avec les poulets et moutons en sauce servis dans la plupart des familles en ce jour de fête nationale.

Sur le trottoir en face de l’échoppe, l’ « atelier Bouba Thiam » fait voir une enseigne délavée, sur du béton craquelé, deux battants d’une porte close tenues par un cadenas. Le toit en tôle est gondolé. Un « Merci Wade » à la peinture jaunie rappelle que les élections de 2012 ne sont pas si anciennes.

Une petite pluie fine commence à bruiner. Autos et motos se fraient un chemin au milieu de la route, dont les deux côtés sont mangés sur un mètre par le sable. Deux bandelettes, d’un côté et de l’autre du passage des voitures, que les passants utilisent à la file pour aller et partir du marché. Tous s’envoient des As-salâm ‘aleïkoum à la cantonade, avec plus d’entrain que pour le reste des jours.

Les femmes passent avec des petits sachets poivre à la main, dans de longues robes bleues, jaunes ou roses. Les hommes sont nombreux à être vêtus de boubous d’un blanc éclatant.

Le muezzin appelle à la prière, les rues se vident.

Curiosité #44 : Mobile Tout Terrain, le téléphone incassable

Printemps.

MTT : Mobile tout terrain. Ça sonne simple et ludique. Ça flatte le GI Joe en puissance dans chaque jeune actif en mal d’une morale. J’ai entendu causer de la marque en novembre, présentée comme durable et française.

Le MTT est incassable (“seul téléphone portable tactile certifié par la norme MIL-STD-810G (qui) permet de garantir une solidité suffisante pour l’utilisation de ce téléphone portable par les équipes dirigées par le ministère français de la défense”). Le MTT est étanche (“peut être immergé à un mètre de profondeur pendant plusieurs dizaines de minutes sans que la coque de protection ne laisse s’infiltrer la moindre goûte de liquide”). Le MTT prend deux cartes SIM à la fois. Et clou du clou, MTT est français, puisque l’entreprise est domiciliée à Toulouse.

Promesse aguicheuse, isn’t it ? Et so in the wind du consommer français : non, vous ne vous raccrocherez pas aux micro-modes de la pomme californienne et de ses nouveaux téléphones biannuels ; non, vous ne vous rabattrez pas sur le concurrent sud-coréen ; oui, oui, mille fois oui, vous ouvrirez les bras à un téléphone dont personne n’a jamais entendu parler et dont vous ne savez rien, si ce n’est la promesse qu’on vous en fait. Et les promesses…

En janvier, la petite boîte rectangulaire greffé d’un gros lettrage jaune glaise arrive à la maison : le Smart MTT à 299 euros TTC, débloqué et garanti 24 mois. À nous la grande vie.

Été

Les quatre premières semaines, le MTT est drôle.

Noir, épais et anguleux. À l’allumage, imitation sonore du clapotis dans une grotte des profondeurs. Sensation assurée. La bête se ferme à l’arrière par quatre vis. Si si, des vis, celles dont le ferronnier ferait bon usage. Enfoui dans une pinte de bière, il sonne quand même ; lâché d’un bon mètre sur du marbre, même pas mal qu’il a l’air de vouloir de dire en faisant vibrer de plus belle sa carcasse.

Le MTT fait même des émules, et certains copains (auxquels je dois sans doute présenter des excuses aujourd’hui) se proposent de l’acquérir à leur tour.

Automne

L’oreillette aura duré un mois. Peu après, vint la première panne. (Si cette panne précoce est en rien causée par la volonté de mon téléphone de faire de l’apnée dans du houblon et de sauter dans le vide sans parachute sur du marbre, je ne peux que m’attrister de sa déraison liée à son état de machine et décliner toute forme de responsabilité).

Extinction des feux avants et arrières de l’appareil, et extinction totale. Des pressions fiévreuses sur le bouton d’allumage latéral en caoutchouc n’y changèrent rien. Dévissage et revissage du capot arrière, réinstallation de la batterie et nous voilà repartis comme en 2013.

Patatras. Deux semaines plus tard, l’engin me refait le coup de la carabistouille. Dévissage, batterie, revissage. Au quatrième incident, j’appelle le SAV MTT, à Toulouse donc. On me crée un numéro de dossier, puis plus rien. Le Pas-Smart Phone a décidément l’air de vouloir me contrarier : au moment où je veux renvoyer Frankenstein à la maison mère, la créature se tient à carreau. Pourvu que ça dure.

Hiver

Nouvel incident. Et là, c’est pour de bon. Encéphalogramme plat, archi plat. Dévissage des trois vis restantes (puisqu’une avait rendu l’âme entre temps à force d’ouvrir et de fermer le capot) et aller-retour déjà habituel de la batterie. Rien ne se passe, plus de réparation miracle du nourrisson en simili kévlar. La bête agonise et le fait savoir.

Re-SAV, re-Toulouse. “Vous recevrez un email avec les instructions à suivre”. Je ne reçois aucun email, j’ai été enregistré au prénom de “Benjam”. Correction faite un nouvel appel plus tard, je reçois l’email. On m’invite à renvoyer l’appareil, avec une copie de la facture et le document ci-joint dûment complété. Aucun document n’est joint à l’email.

Nouvel appel.

"Je ne veux pas vous agresser, puisque je sais bien que vous n’y êtes pour rien (en fait, si, j’ai super envie), mais pourriez-vous, s’il vous plait, faire remonter l’information à votre hiérarchie qu’un téléphone incassable qui tombe en panne au bout de cinq mois, c’est - un tantinet - décevant ? Et que devoir appeler une demi-douzaine de fois pour savoir de quelle façon fonctionne la garantie et pouvoir vous faire parvenir le téléphone, c’est - un tantinet - exagéré ?"

Le préposé aux (braves) acheteurs de MTT mécontents se veut empathique et rassurant. J’envoie le téléphone, enveloppé dans le lit de paperasse exigée. Frais de port, 8 euros, pour votre poire bien dévouée.

Morale de l’histoire

Abandonner toute forme d’éthique et de responsabilité dans la consommation : mon prochain téléphone.

(En toute franchise, il faut avouer que cette histoire a une morale. Le téléphone m’a été retourné rapidement et ne bronche plus depuis qu’on lui a remis l’arrière-train à neuf. Avec une quatrième vis en prime.)

Curiosité #43 : Berlin (les lettres allemandes retournent en Allemagne, ce qui est bien le minimum)

Curiosité #42 : Paris après la pluie

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Curiosité #41 : choisir une “complémentaire santé”

Il y a peu, je vous disais mes difficultés à rentrer d’un séjour un peu prolongé en Afrique, et à remettre le nez dans les first world problems. Belle application en ce samedi de pré printemps où on entend presque les oiseaux chanter : choisir une mutuelle, enfin “une complémentaire santé”. Putain.

Voilà mon affaire : des nouvelles lunettes qui coûtent un bras, un enfant de la fonction publique qui jusque là comptait sur la logistique maternelle pour gérer les basses œuvres, un enfant de la fonction publique devenu jeune actif dans le privé, n’a plus la mutuelle de Maman, et entreprend donc d’expédier la besogne en quelques minutes en ce samedi matin où on entend presque les oiseaux chanter…Putain.

Là, ça se complique, surtout si vous avez cette drôle d’idée de vouloir un peu comprendre quelles sont les offres et laquelle vous remboursera au mieux. Parce qu’en fait des mutuelles y en a 700 rien qu’en France, et des calculs assez sombres pour savoir ce à quoi un mutualiste aura droit pour des lunettes achetées 500 euros, dans mon cas de demi-handicapé bigleux.

Voyez vous-mêmes : 

  • 500 euros pour la monture de gamme moyenne (néo-hipster que même l’opticienne-visagiste (si si ce métier existe) m’a dit “c’est absolument celle-là qu’il vous faut”), et les verres avec une forte correction
  • Ce que prend en charge la sécu : la sécu ne prend rien en charge. Enfin, elle fixe un truc qui s’appelle BRSS, pour BASE de REMBOURSEMENT de la SÉCURITÉ SOCIALE (c’est à ce moment-là que j’ai franchement questionné mon amour de la France, et ai songé à une reconversion comme croupier à Vegas). Donc le BRSS c’est 27 euros, dont la sécu rembourse 60% pour des lunettes, soit 16 euros. 
  • Aïe.
  • Vient donc ensuite la mutuelle, si si les 700 offres en question. Putain.
  • Là il faut s’en remettre aux experts, ceux qui ont bossé pour toi, pour t’aider à mieux comprendre quelles sont les offres et laquelle vous remboursera au mieux (cf. le serment du padawan néo-hipster plus haut).
  • Donc je vous recommande chaudement ce dossier à 4 euros de 60 millions de consommateurs. Trois pages pour vous dire : appelle chacune des mutuelles et demande leur une simulation de ce qu’ils te rembourseront avec ton modèle de lunettes.
  • Je suis méchant : en vrai y a un tableau de 12 contrats passés à la loupe, qui te permet de voir que le deal de la fonction publique n’est pas si mauvais.

Haut les cœurs à moi les binocles à la mode, je signe ! Me dis-je alors dans un élan d’enthousiasme, fier comme un coque d’avoir vaincu les assureurs vicieux, sentant poindre en moi l’animal adulte accompli.

Nom, prénom, téléphone, numéro de sécu, ok, ok, ok, ok, numéro d’affiliation….? numéro du centre de gestion…?

Ces deux numéros en question qui me séparent du graal d’un contrat de mutuelle en bonne et due forme, au prix de 25 euros par moi, pour avoir le bonheur de me faire rembourser une fois tous les 5 ans 20% du prix de mes lunettes, ces deux numéros en question sont sur la ****** de feuille de la sécu que je n’ai jamais reçue.

Sur le site Améli, la plateforme Internet de la sécu, où en théorie je me dis que je pourrais récupérer ces chiffres sans difficulté, l’administration virtuelle me dit qu’elle ne connaît pas mon numéro de sécu et qu’il faudrait de toute façon insérer un code qui m’a été envoyé par courrier en 1992.

Putain, putain, putain.

Les 5 conclusions de l’histoire :

  1. j’y ai passé deux heures, je n’ai ni mutuelle ni lunettes
  2. je vais devoir rappeler quelqu’un de la mutuelle en question, créer un contrat, retrouver mon  numéro d’affiliation auprès de la sécu qui me dit que je n’existe même pas
  3. j’ai appelé ma mère, ce qui m’a fait perdre vachement en confiance dans ma vie d’adulte naissante
  4. les oiseaux ont arrêté de chanter et je n’ai pas du tout l’impression d’avoir mieux compris laquelle des offres de “complémentaire santé”est la plus intéressante
  5. je soussigné, jeune actif bigleux néo-hipster demi-adulte mal dégrossi et grognon de devoir consacrer deux heures de son samedi à vous “complémentaires santé” très très obscures, préviens toutes les mutuelles que rien que pour vous faire bien chier, je vais aller demander au boulanger de me péter les deux genoux, ce qui devrait suffire à rentabiliser mon contrat chez vous. Très cordialement, un consommateur qui se veut responsable.

curiosité #40 : en 2013, les vieux à la verge dure, les vieilles aux gros seins, mais aucun ne se souviendra à quoi ça sert

"Dans le monde actuel nous investissons cinq fois plus d’argent, en médicaments pour la virilité masculine et en silicone pour les seins des femmes, que pour la guérison de la maladie d’Alzheimer. Dans quelques années, nous aurons des femmes avec des gros seins, des vieux à la verge dure, mais aucun d’entre eux ne se rappellera à quoi ça sert".

Docteur Drauzio Varella, vrai médecin et épiphénomène des internets déjà un peu vieux (so 2011)